Entre l’avenue Evans et le chemin Sainte-Rosalie — autrefois appelé montée Saint-Valérien — s’étendait, au début du XXᵉ siècle, une vaste propriété de près de 1 800 m². En son centre se dressait une demeure connue sous le nom de Villa Alwine, aujourd’hui disparue mais encore présente dans la mémoire du quartier.
En 1921, le domaine est acquis auprès des héritiers Evans par Esprit Victor Henry Aynard, ancien banquier installé à Carcassonne, pour la somme de 80 000 francs. À cette époque, la bâtisse est en mauvais état. Construite en moellons et couverte de tuiles provençales, elle repose sur un terre-plein et présente une organisation typique des propriétés rurales : une ancienne écurie occupe le rez-de-chaussée, tandis que l’étage est destiné au logement des métayers.
Au sud de la propriété subsiste alors un vaste bassin en ciment, déjà en partie délabré. Sa structure métallique, datée de 1882, témoigne des débuts de l’adduction d’eau à Nice, à une époque où l’eau courante commence à se diffuser dans les habitations. La gestion du domaine est confiée à Joseph Aynard, également propriétaire de la villa Cabasse au Mont Boron.
Après une importante restauration, la propriété est revendue en 1924 pour 315 000 francs à Madame Ivanorona Koptaieff, épouse de Peter Kousnetzoff. D’origine russe, elle fait partie de ces familles ayant su préserver leur patrimoine malgré les bouleversements de la révolution bolchevique. C’est à cette période que la demeure prend le nom de Villa Béatrice, en référence à une propriété voisine située boulevard Prince-de-Galles.

En 1982, la villa disparaît définitivement, remplacée par un immeuble moderne qui en conserve le nom. Une trace discrète mais précieuse, rappelant l’histoire de ce lieu et l’évolution du paysage de Cimiez au fil des décennies.

