Ernest Pignon-Ernest à l’église de Saint-Pons

Écrit par JLL le 8 septembre 2016, dans la catégorie Expositions | Commenter

La rétrospective du MAMAC consacrée à l’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest s’accompagne d’une intervention de l’artiste in situ dans un site exceptionnel : l’église abbatiale de Saint-Pons surplombant le Centre Hospitalier Universitaire Pasteur.

Cet édifice baroque est peu connu du public puisque fermé depuis de nombreuses années. Ernest Pignon-Ernest ressuscite ce patrimoine dont l’histoire et le rayonnement sont liés à Charlemagne qui avait demandé la création de l’abbaye.

Le martyr de Saint Pons torturé par les romains entre en dialogue avec l’installation «Extases». Ces portraits des grandes mystiques chrétiennes rappellent par ailleurs l’amour de l’artiste pour la représentation du corps et les passions humaines.

 

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L’artiste fait réapparaitre, à leur juste place, en des lieux de spiritualité, ces femmes jugées jadis pour folles ou hystériques, habitées par l’amour de Dieu, un amour éminemment charnel contrebalancé par un ardent désir de transcendance, de désincarnation.

Cette aspiration douloureuse et jouissive est évoquée par les dessins qui semblent comme léviter au-dessus d’un miroir d’eau. Les reflets créent une sensation de vertige narcissique et abyssal. Les courbes dessinées par les feuilles de papier grand format font référence tant au drapé et au linceul qu’au Saint-Suaire, thématiques récurrentes chez Ernest Pignon-Ernest attaché à la mémoire et à l’empreinte des corps, entre apparition et disparition.

« Dans les années 90, lors de ses collages dans les rues de Naples, un vers de Nerval l’a mené à un dialogue très libre avec les grandes mystiques : Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Marie de l’Incarnation et Madame Guyon. Ces dessins "portraits imaginés" ont été élaboré ensuite à partir de la lecture des textes de ces mystiques, les leurs ou ceux de leur confesseur. On peut y déceler également des références au Bernin, à Caravage, à Sodoma, à quelques baroques, à Pierre-Jean Jouve, Jean-Noël Vuarnet, Claude Louis-Combet, André Velter. L'ensemble a nécessité, sur plusieurs années, plus d'une centaine de dessins préparatoires réalisés avec pour modèle Bernice Coppieters danseuse-étoile des Ballets de Monte-Carlo.

Ces mystiques aux passions et tensions contraires, dramatiques et exubérantes, trouvent leur paroxysme dans cette architecture baroque. Créé et scénographié par l’artiste niçois « Extases » est un véritable spectacle plasticien dont la magie et l’impression d’irréalité sont renforcées par des jeux de variations de lumière. A découvrir.

 

"EXTASES": À L’ÉGLISE ABBATIALE DE SAINT-PONS

Du 25 juin au 2 octobre 2016

Accès par le parvis du Centre Hospitalier Universitaire Pasteur

Entrée libre.

 

 

 

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