Il en a vu passer, des personnages illustres, des élégantes, des artistes et des célébrités. Plus de cent vingt ans après avoir accueilli la reine Victoria et sa cour, le Régina continue d’exercer son pouvoir de fascination. Fin septembre, l’un des immeubles les plus emblématiques de Cimiez est redevenu, le temps d’un tournage, un décor de cinéma.
Les équipes de La Fête est finie, le prochain long métrage de Jean-Christophe Meurisse, ont en effet posé leurs caméras au Régina. Une nouvelle apparition à l’écran pour ce monument niçois dont l’architecture et les décors semblent avoir été imaginés pour le cinéma.
Karin Viard, Vincent Lacoste et Benjamin Lavernhe à l’affiche
Réalisé par Jean-Christophe Meurisse, La Fête est finie est son quatrième long métrage après Apnée, Oranges sanguines et Les Pistolets en plastique, trois films présentés dans différentes sélections du Festival de Cannes.
Pour ce nouveau projet, le réalisateur réunit une distribution particulièrement remarquée : Vincent Lacoste, Karin Viard, Benjamin Lavernhe et Pauline Clément, auxquels viennent notamment s’ajouter des membres des Chiens de Navarre, la troupe de théâtre fondée par Jean-Christophe Meurisse.
Le tournage, commencé le 7 septembre 2026, doit se poursuivre jusqu’au 23 octobre entre Cannes, Nice et la région parisienne.
Écrit par Jean-Christophe Meurisse avec Amélie Philippe, le film nous plonge dans l’univers du Festival de Cannes. Sur une luxueuse plage privée, le monde du cinéma célèbre ses œuvres et ses convictions, entre glamour et champagne. Jusqu’à ce que l’arrivée d’un bateau transportant des réfugiés vienne brutalement confronter les discours à la réalité.
Et pour décor niçois… le Régina
Pour certaines des séquences tournées à Nice, la production a choisi un lieu qui n’a rien d’ordinaire : le Régina, sur les hauteurs de Cimiez.
Et difficile d’imaginer décor plus cinématographique.

Derrière son imposante façade Belle Époque se succèdent un hall monumental, des volumes spectaculaires, des boiseries, des luminaires, des miroirs et de larges perspectives qui ont conservé une atmosphère absolument singulière.
Au Régina, le décor ne cherche pas à évoquer le prestige d’une autre époque : il en est l’un des derniers témoins.
Un palace construit pour une reine
Avant d’être l’une des résidences les plus prestigieuses de Cimiez, le Régina fut l’Excelsior Régina Palace.
Construit à la fin du XIXe siècle sous la direction de l’architecte Sébastien-Marcel Biasini, le palace est intimement lié à l’histoire de la reine Victoria, qui y séjourne avec sa suite lors de ses villégiatures niçoises de 1897, 1898 et 1899.
À cette époque, Cimiez est devenu l’un des lieux de villégiature favoris de l’aristocratie européenne et le Régina en est l’un des symboles les plus éclatants.
Transformé en copropriété à la fin des années 1930, l’ancien palace conserve pourtant toute son identité architecturale. Façades, grand hall, escaliers, terrasses, véranda, boiseries, luminaires, miroirs ou encore jardin : de nombreux éléments sont aujourd’hui protégés au titre des Monuments historiques.
Un décor que le cinéma connaît déjà
La Fête est finie n’est d’ailleurs pas la première production à succomber au charme du Régina.

En 2019, l’édifice avait déjà retrouvé l’atmosphère de la grande villégiature internationale à l’occasion du tournage de Rebecca, adaptation du roman de Daphné du Maurier réalisée par Ben Wheatley pour Netflix et Working Title. Voitures anciennes, figurants en costumes et équipes de cinéma avaient alors fait remonter le boulevard de Cimiez dans le temps.
Quelques années plus tard, les caméras sont donc de retour. Et ce n’est probablement pas un hasard.
Le Régina, plus qu’un décor
Sa silhouette immédiatement reconnaissable, son architecture Belle Époque, son parc, ses volumes intérieurs et cette lumière si particulière de la colline composent un univers à part entière.
C’est aussi ce qui fait l’exception de Cimiez : vivre au quotidien au milieu d’un patrimoine qui, plus d’un siècle après sa construction, continue d’inspirer les cinéastes.
Les caméras repartiront, les acteurs aussi. Le Régina restera, dominant Nice avec cette élégance un peu théâtrale qui lui va décidément si bien.

