À Cimiez, certains emplacements racontent à eux seuls l’évolution du marché immobilier niçois. Le site aujourd’hui occupé par la Résidence Parc des Arènes en est une parfaite illustration. Longtemps connu sous le nom de Villa Arnaud, puis Villa Faraudi de Châteauneuf, ce vaste domaine privé a traversé les siècles avant de se transformer en ensemble résidentiel contemporain.
À l’origine, la propriété s’inscrit dans le mouvement foncier de l’Ancien Régime, lorsque les ducs de Savoie cédaient leurs terres afin de financer l’État. Dès le XVIIIᵉ siècle, le territoire de Châteauneuf se fragmente entre de nombreux coseigneurs, parmi lesquels la famille Arnaud, solidement implantée à Nice. Cette implantation durable explique le choix stratégique du site : un emplacement en hauteur, au calme, proche du centre historique et bénéficiant d’un cadre naturel privilégié.
Au XIXᵉ siècle, la Villa Arnaud devient une véritable propriété de villégiature. Implantée sur près de trois hectares, elle se distingue par une demeure principale de 580 m², accessible par une longue allée privée depuis l’actuelle avenue de Flirey. Autour de la villa, un parc agricole structuré — oliviers, vignes, figuiers et amandiers — confère au domaine une valeur à la fois résidentielle et productive, caractéristique des grandes propriétés niçoises de l’époque.
La transmission du bien à la famille Faraudi de Châteauneuf illustre la continuité patrimoniale typique des grandes maisons foncières locales. Mais c’est à partir de 1877, avec la mise en location de la villa à une famille cosmopolite, que la propriété entre dans une nouvelle phase : celle d’un bien immobilier de prestige, attractif pour une clientèle internationale, déjà séduite par Nice et Cimiez comme lieux de résidence et d’investissement.
Le tournant majeur intervient au XXᵉ siècle. Comme de nombreux grands domaines de la colline de Cimiez, la Villa Arnaud se trouve confrontée à la pression foncière et à l’urbanisation progressive de Nice. Dans les années 1970, la vente des terres marque la fin de la propriété historique. Les bâtiments sont démolis afin de permettre une opération immobilière structurante, donnant naissance à la Résidence Parc des Arènes.
Cette transformation illustre un phénomène clé de l’histoire immobilière niçoise : la reconversion de vastes domaines privés en résidences collectives, répondant à la demande croissante de logements dans des quartiers recherchés. L’emplacement, toujours aussi prisé, conserve les atouts qui faisaient déjà la valeur de la Villa Arnaud : environnement verdoyant, proximité du centre-ville et caractère résidentiel affirmé.
Aujourd’hui, si la villa a disparu, le foncier continue de porter son héritage. La Résidence Parc des Arènes s’inscrit dans cette longue histoire où emplacement, rareté du terrain et qualité du cadre de vie restent les véritables constantes de la valeur immobilière à Cimiez.

