À Cimiez, derrière les façades contemporaines se cachent souvent les traces d’un passé prestigieux, comme celui de la Villa la Flora, ancienne demeure Belle Époque aujourd’hui remplacée par une résidence qui en perpétue le nom.
À la fin du XIXᵉ siècle, le chemin de Cimiez, encore largement rural, est ponctué de hauts murs derrière lesquels s’étendent de vastes domaines arborés. C’est dans ce contexte privilégié qu’en 1869, Laurent Camagna cède la partie sud de sa propriété à Huot de Suzanne, aristocrate séduit par l’emplacement et la quiétude du quartier.
Il y fait édifier une imposante villa de maître de 810 m², complétée par une maison de fermier de 610 m². L’ensemble s’organise autour d’un jardin luxuriant de plus de 3 000 m², alimenté par deux puits et un vaste réservoir, formant un véritable écrin de verdure au cœur de Cimiez.
Une villa prisée par l’aristocratie britannique
La propriété est bientôt acquise par le révérend Lord Thomas Hay, fils de George Hay, 7ᵉ marquis de Tweeddale. Recteur à Rendlesham pendant plus de quarante ans, il entretient un lien ancien avec la Côte d’Azur : sa mère est décédée à Nice en 1861. En 1873, il choisit donc de s’y installer durablement.
Pendant près de dix-sept ans, Lord Thomas Hay fréquente activement la communauté anglaise de Nice et de Cannes. La Villa la Flora devient alors un lieu de villégiature apprécié, emblématique de l’élégance et du raffinement de la Belle Époque à Cimiez. Il y décède le 26 février 1890, suivi par son épouse l’année suivante.
Ventes, héritiers et disparition de la villa
La villa revient ensuite à son petit-neveu, le colonel Nigel Harington Balfour, officier de l’armée britannique, qui décide de la mettre en vente. Lors des enchères, la demeure est décrite avec emphase : 27 pièces, écuries et remises, un vaste jardin d’agrément clos de murs sur près de 4 000 m², le tout vendu meublé, pour une mise à prix de 210 000 francs. Sa toiture octogonale en fait alors un repère architectural immédiatement reconnaissable.
La propriété est acquise par Oscar Vautier, docteur en sciences à la faculté de Lyon. Après la Seconde Guerre mondiale, en 1944, le domaine est partagé entre les héritiers. Puis, en 1986, la Villa la Flora est définitivement démolie pour laisser place à un ensemble résidentiel de trois immeubles.`

Un nom comme mémoire du patrimoine de Cimiez
Si la villa a disparu, son souvenir demeure. Le nom Résidence Villa la Flora perpétue aujourd’hui la mémoire de cette élégante demeure, témoin du patrimoine architectural et historique de Cimiez. Un hommage discret mais précieux à ces villas qui ont façonné l’identité du quartier et contribué à son prestige au fil des décennies.
👉 À Cimiez, chaque résidence porte parfois l’ombre d’une grande histoire.

